LES ORIGINES ET CAUSES DE L'ÉJACULATION PRÉCOCE

ORIGINES ET CAUSES DE L'ÉJACULATION PRÉCOCE



"Il y a plus d'une sagesse et toutes sont nécessaires au monde."
... Marguerite Yourcenar
Lorsque nous connaissons les sources d'un problème, il devient alors plus facile de le résoudre sur lui. De nombreux chercheurs ont tenté d'explorer la "jungle" des origines de l'éjaculation précoce. Certains trouvèrent des pistes, d'autres s'en approchèrent de plus près, d'autres encore s'y perdirent... Tous affinèrent la carte qui nous permet aujourd'hui d'y voir plus clair.
Plusieurs hypothèses sur les causes sont avancées :
1. Causes liées à la mauvaises perception des sensations précédant l'éjaculation de
Kaplan : "nous ne lisons pas les appareils de contrôle interne de l'excitation"
Helen Kaplan prétend que l'éjaculation précoce est due à l'inaptitude de l'homme à contrôler volontairement son réflexe éjaculatoire.

L'homme cesserait alors de percevoir ses sensations érotiques génitales juste avant l'orgasme. Ce "brouillage" des perceptions est attribué aux conflits et anxiétés entourant cette phase sexuelle : Œdipe, expériences sexuelles traumatisantes de l'adolescence, relations conjugales perturbées... Nous n’adhérons pas complètement à cette thèse :
- Premièrement, un réflexe, par définition, ne peut-être contrôlé ; seule la montée des excitations peut-être contrôlable.
- Deuxièmement , des études montrent que la capacité à percevoir les niveaux d'excitation sexuelle des hommes présentant une éjaculation rapide quand ils sont amenés à se concentrer sur eux, est comparable à celle des hommes ne présentant pas ce problème. Toutefois, nous verrons ultérieurement que le repérage des niveaux de votre excitation sexuelle et de leur prise de conscience s'avère être une bonne piste d'amélioration.


Le mauvais ressenti de son niveau d’excitation sexuelle contraint l’homme à une éjaculation rapide... Un réglage s’impose

↑ Spiess 1984 et Strassberg 1987
2. Causes liées à "l'urgence" : "Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse..."


L'homme , goulûment, n'apprécie pas les étapes intermédiaires de l'acte sexuel. Il vit la pénétration comme le point culminant de son excitation, qu'il cherche instinctivement le plus vite possible.
Selon l’équation : pénétration = éjaculation
L'excitation sexuelle de l'éjaculateur précoce ne serait associée qu'à une décharge tensionnelle rapide selon Desjardins et Crépault.
La dimension érotique de l'érection et des phases d'excitation intermédiaires ne semblerait

que peu ou pas érotisée ou stimulante pour cet homme. Ce conditionnement prendrait son origine à partir des premières masturbations ; il s'installerait pour d'autres à la suite d'événements où il faut faire vite ( rencontres accélérées avec des prostituées, relation dans la maison parentale où il faut se dépêcher pour ne pas être surpris).

Des situations à forte émotion pourraient aussi faire le lit à l'éjaculation précoce : attitude castratrice de la partenaire, peur de perdre sa partenaire.
Les obstacles physiques peuvent y rajouter une autre entrave : hymen rigide, vaginisme (contraction involontaire des muscles génitaux de la femme interdisant toute pénétration), dyspareunie (douleurs de la femme lors de la pénétration). L'éjaculateur précoce, dans ce cas, associerait pénétration et éjaculation dans une sorte de sommet de l'excitation. si l'on parle en termes de réflexe conditionné, la chaleur du vagin et son humidité seraient le stimulus conditionnel déclencheur.
Ce facteur déclenchant se retrouverait dans les fantasmes.

L’éjaculateur précoce n’a pas appris à ressentir le plaisir lors des premiers stades du rapport sexuel. Il agit dans la précipitation, selon l'équation "Pénétration = Éjaculation " 3. Causes liées à la fréquence des rapports sexuels d'après Masters et Johnson : Comme le réservoir d'eau d'un barrage, l'accumulation entraînerait l'urgence dans une forme impétueuse de lâchage. Le temps de l'abstinence entre deux relations sexuelles jouerait un rôle important dans le déclenchement de l'éjaculation d'après Masters et Johnson : "Moins nous faisons l'amour, plus nous éjaculons vite. " Dans leur échantillon de couple, Masters et Johnson notent que la fréquence des rapports sexuels de l'éjaculateur précoce est très inférieure à celle de l'échantillon extérieur témoin (1,9 rapport en 14 jours pour les éjaculateurs précoces pour 8,6 dans l'échantillon témoin). Il est impossible de déduire dans ces chiffres, si les éjaculateurs précoces éjaculent vite à cause des rapports espacés ou si les rapports sont espacés à cause de leur éjaculation trop rapide, ne donnant pas envie à la partenaire de recommencer souvent.

La rapidité de l’éjaculation a un lien avec la fréquence des rapports sexuels ... : mais de quelle façon ? 4. Holpe et l’anxiété : "Mon Dieu, faites que je sois à la hauteur ou bien qu'il ne m'arrive pas la même mésaventure que la fois précédente", penserait l'homme. Beaucoup d’auteurs mettent en avant l’anxiété comme l’une des principales causes de l’éjaculation rapide. Wolpe avance que l’anxiété active le système nerveux sympathique impliqué dans l’éjaculation. Cooper fait intervenir la crainte de l’échec, d’être ridiculisé, dévalorisé par la partenaire comme causes importantes de l’éjaculation prématurée et de l’impuissance. Pourtant, le travail de Strassberg, à base de questionnaires, n’établit aucune différence significative entre les éjaculateurs précoces et le groupe témoin quant au niveau d’anxiété vécu dans les relations sexuelles.

Pour notre part, nous pensons que l’anxiété a une influence qui ne peut plus être contredite sur le système nerveux sympathique, rendant les muscles lisses contractiles.
Ainsi, nous pensons que cette origine doit être prise en compte dans le traitement. 5. Causes liées à l’empreinte des premières expériences, d'après Masters et Johnson : c’est la faute à la vie, à notre histoire personnelle. Trois types de causes entrent en ligne de compte pour Masters et Johnson :
• Les situations du début de vie sexuelle avec une partenaire à l’adolescence, à savoir, prostituées pressées, jeunes filles dans des conditions inconfortables (dans une voiture par exemple ou dans la maison des parents avec la peur d’être surpris). • Des pratiques particulières comme le fait de se frotter toujours vêtu sur la jeune fille pour préserver sa virginité ou bien éviter la grossesse. • La méthode de contraception du coït interrompu ou retrait qui consiste à ce que l’homme se retire à l’imminence de l’éjaculation pour éjaculer hors du vagin serait impliquée dans le développement de l’éjaculation prématurée . Dans ces divers cas, Master et Johnson, mettent l’emphase sur la satisfaction de l’homme sans se soucier de celle de la femme ; c’est en fait une sexualité « de service ».
La femme ne sert qu’en partie d’exutoire des tensions sexuelles de l’homme. Nous pouvons opposer que tous les hommes passés à travers ces expériences ne sont
pas systématiquement éjaculateurs précoces. Donc, d'autres éléments viennent expliquer la dysfonction.

L’angoisse de l’échec ou anticipant une mauvaise performance intervient souvent dans l’éjaculation précoce chronique.

Des circonstances stressantes ou inconfortables peuvent être à l’origine de l’éjaculation précoce : amour dans la maison parentale, voiture... 6. Causes liées à l’environnement du "Couple" : Nos chamailleries, nos divergences, nos conflits dans le couple feraient le lit à l'éjaculation rapide. Pour cette école, développant ce que l'on appelle "l'approche systémique", les dysfonctions sexuelles résultent de l'interaction entre les deux partenaires d'un couple. Les conflits d'intérêts, les luttes du pouvoir, l'hostilité, la colère, la vengeance expliquent le symptôme de l'éjaculation précoce, d'après Kaplan. Certaines femmes induisent chez leur mari, frustration et détresse en s'appliquant volontairement à s'activer énergiquement dans la montée excitatoire même si l'homme a le désir de se contrôler, selon Jehu. D'autres femmes réalisent cela, sans hostilité envers le mari mais avec exigence, ne tolérant pas de baisse dans la montée de leur excitation. Notons aussi que certaines femmes, vivant mal le rapport sexuel, activent sa fin en favorisant l'éjaculation rapide. Des chercheurs → constatent que si une thérapie conjugale améliore une relation de couple, elle n'a souvent pas de conséquence sur la rapidité de l'éjaculation sauf si celle-ci est traitée en même temps, grâce à un programme spécifique.

L’approche systémique, notamment s’appuyant sur une thérapie de couple, bien que limitée, peut être intégrée à un apprentissage comportemental de la maîtrise sexuelle.

L'hypothèse psychanalytique : que de théories et si peu de résultats pratiques. "L'éjaculation précoce a fait plus pour la psychanalyse que la psychanalyse pour l'éjaculation précoce." L'éjaculation précoce serait la résultante de conflits intrapsychiques inconscients. London parle d'affects sadiques intenses envers la femme. Ce sadisme prendrait sa source à la phase urétrale du développement psychosexuel dans une dynamique mère/enfant ; l'homme se vengerait symboliquement de sa mère. Son équilibre émotif peut aussi être maintenu en conservant ses pulsions sadiques refoulées. Helen kaplan avance quant à elle que l'éjaculateur précoce ne montre pas de pathologie névrotique plus fréquente que le reste de la population et exclut le rôle de ces facteurs psychiques. D'autre part, des troubles originaires si profonds nous interdiraient sans doute la facilité avec laquelle l'éjaculation précoce peut-être traitée sans déplacement du symptôme. 7. Causes liées à notre héritage biologique :
C'est l'hypothèse Anato-Neuro-Psychologique: "ça n'est pas de ma faute, c'est biologique...!!! Hélas, ç'eut été plus facile comme cela, mais ça n'a pas l'air d'être le cas... " Une pression artérielle pénienne plus élevée chez l'éjaculateur rapide, contrairement à l'éjaculateur non rapide, aurait été découverte par Zorgnotti sans qu'il en tire une explication particulière. Le taux de testostérone et d'hormones lutéinisantes chez l'éjaculateur précoce et non précoce serait le même en moyenne d'après Pirke. D'autres ont travaillé sur une éventuelle rapidité excessive du réflexe éjaculatoire ° :
Ils observent que le potentiel évoqué des muscles bulbo-caverneux de l'éjaculateur précoce est plus rapide que chez les autres hommes.
Une excitation moins grande pourrait, chez l'éjaculateur précoce, provoquer une éjaculation. Malheureusement, les études de Colpi viennent contredire ces résultats : il devient impossible d'expliquer l'éjaculation précoce par la durée du réflexe bulbo-caverneux. Pour d'autres auteurs, l'éjaculation trop rapide pourrait être la conséquence d'une excitabilité excessive aux stimulis psychiques ou physiques . ↓ Abraham(1949),Bergler(1950),Salzman(1972),Steckel(1950). ° Semans (1956), Vignoli (1978) et Godpodinoff (1989)
±ηαστινγσ (1966), Hong (1984), Kaplan (1974);

L’éjaculation précoce a fait plus pour la psychanalyse que la psychanalyse pour l’éjaculation précoce

La sensibilité pelvienne a été démontrée, par Rowland, comme plus faible chez les hommes de quarante ans que chez les hommes de vingt ans : ceci expliquerait qu'il y ait plus d'éjaculations précoces chez les hommes jeunes. Par contre, une autre expérience vient contredire ces observations : Spiess, après avoir soumis, éjaculateurs rapides et non rapides, à des situations érotiques objectives semblables, constate des réactions sexuelles équivalentes. Une autre expérience, menée par Rowland, conclut que le seuil de perception subjective de stimulis vibro tactiles (sensibilité pénienne) de l'éjaculateur précoce et de l'éjaculateur non précoce est le même. Ainsi, comme ces chercheurs, pouvons-nous conclure que l'éjaculation précoce ne peut être forcément attribuée à une hypersensibilité des récepteurs sensitifs du pénis chez certains hommes. L'origine serait plutôt dans un mauvais repérage des niveaux d'excitation sexuels. Nous pouvons identifier 4 familles de causes : 1. Des causes médicales et chirurgicales : à surveiller mais...
Elles sont rares : l’hyperesthésie du gland, raccourcissement du frein pour Shapiro, pathologie de la moelle épinière Spina bifida pour Kaplan.
Ces hypothèses sont critiquables. 2. Tous les troubles amenant le dysfonctionnement de l'érection sont à soupçonner quand l'éjaculation précoce est associée à ce symptôme. L'homme apprend alors à éjaculer rapidement avant de perdre l'érection. 3. Des prostatites et inflammations de l'urètre postérieur peuvent être recherchées dans les éjaculations rapides ayant lieu après une période de bon fonctionnement. (éjaculation précoce secondaire) 4. Des tumeurs de la moelle, scléroses multiples et Tabes dorsalis occasionnent des troubles neurologiques à l'origine de l'éjaculation précoce, comme peuvent le faire certaines interventions chirurgicales portant atteintes aux centres nerveux de l'éjaculation.