NOTRE DÉFINITION PAR L’APPROCHE SEXODYNAMIQUE

NOTRE DÉFINITION PAR L’APPROCHE SEXODYNAMIQUE



"Le progrès est l'injustice que chaque génération commet à l'égard de celle qui l'a précédée". E.M. Corian
SUIS-JE ÉJACULATEUR PRÉCOCE ou PRÉMATURÉ ? Beaucoup de pistes dans cette question de l'éjaculation précoce si luxuriante ont permis de nous orienter, de créer notre propre carte et de définir notre propre chemin. NOTRE (PROPRE) DÉFINITION (NOUVELLE) : "l'approche sexodynamique" Nous notons aussi bien dans le public que chez les thérapeutes, l'emploi confus des deux mots : "Précoce " et "Prématuré". Dès maintenant, nous reprendrons une démarche de précision comme peut l'être la pensée médicale. Beaucoup d'auteurs mélangent "précoce et prématuré"...
Ces termes sont imprécis et nous allons introduire ici un concept clarifié par J.Y. Desjardins auquel nous adhérons et qui appelle deux traitements distincts. Il fait une différence fondamentale entre :

- l’éjaculateur rapide, précoce, à forte libido et
- l'éjaculateur prématuré, à faible attraction sexuelle et amoureuse, allant parfois jusqu'à présenter des 
troubles érectiles.


Bien que les critères qui permettent de faire la distinction, nous apparaissent très justifiés, les termes de 
précoce et de prématuré sont beaucoup trop proches pour définir cette classification. 
PRÉCOCE veut dire mûr avant le moment habituel, qui se produit avant le temps normal, qui survient avant le temps ordinaire.
Or, nous savons que la plupart des éjaculateurs rapides éjaculent toujours dans un temps quasi-constant et que l'éjaculation rapide de l'homme est statistiquement "normale" dans la plupart des cas si un apprentissage n'est pas fait. 
Ce terme s'avère donc inadéquat pour désigner l'éjaculation rapide humaine. 
PRÉMATURÉ signifie fait avant le moment qui convient, qui se produit avant le temps ordinaire, qui se produit avant le temps normal.
Une notion de convenance est introduite. Elle s'avère intéressante car elle tient compte de l'environnement, elle n'est plus égocentrée ou égoïste. L'environnement féminin peut-être pris en compte. C’est toujours dans ce but que la visite chez le thérapeute est déclenchée, même si, à la base, cette capacité qu’à l’homme à gérer son excitation renforce sa propre estime de Soi. 
Il nous paraît plus exact d'employer le terme "prématuré" que celui de précoce.
Par définition, l'homme qui consulte devient "prématuré" dès lors qu'il a pris conscience de l'inadéquation du temps qu'il met à éjaculer avec le temps qu'il faut à son éventuelle partenaire pour obtenir un orgasme. 
Toutefois, les mots "éjaculation précoce" appartiennent tellement au vocabulaire courant que nous pouvons considérer leur emploi comme suffisamment compréhensible pour définir le problème.

Deux cas se présentent :
1. - dans le premier cas, l'éjaculateur rapide à forte libido, porte l'héritage primitif de l'espèce et présente une santé généralement satisfaisante.
Ce cas englobe la majorité des consultants.
Nous dirons que cet homme est un éjaculateur prématuré classique.
2. - Dans un second cas, notre homme montre des carences d'attraction sexuelle et amoureuse, comme un faible désir (intensité libidinale faible) ou des difficultés à se sentir pénétrant jusqu'à présenter des problèmes d'érection (basse intensité).
Il présente des troubles psychologiques, d'affirmation de Soi ou bien biologiques. 
Il aura besoin de consulter un thérapeute systématiquement pour s'améliorer. 
C'est un éjaculateur prématuré spécifique. 


Notre (propre) définition :
ÉJACULATION PRÉMATURÉE : fait d'un homme n'utilisant pas les habiletés adéquates pour moduler son excitation. Il ne choisit pas volontairement le moment d'atteindre le Point de Non Retour de son excitation sexuelle. Il n’éjacule pas en fonction du désir et du plaisir d'une partenaire orgasmique et de lui-même.

L'homme ne maîtrise pas son éjaculation parce que c'est un réflexe. Il ne peut intervenir que sur son excitation qu'il ne gère que jusqu'au Point de Non Retour, déclencheur du réflexe éjaculatoire. Le désir de sa partenaire ainsi que le sien propre doivent être pris en compte.
D'autre part, sa compagne doit aussi présenter la capacité individuelle d'atteindre l'orgasme, sinon, même si l'homme tenait une heure ou plus, sous le prétexte que sa femme n'atteigne pas le plaisir, il serait classé à tort éjaculateur précoce.

L'ÉJACULATEUR PRÉMATURÉ CLASSIQUE :

C'est un homme en bonne santé physique et mentale. C'est un bon "étalon". Il possède une excitabilité facile ainsi qu'une érection à forte pression sanguine permettant une bonne rigidité pénienne. Ses besoins éjaculatoires sont fréquents. Il arrive au moment du rapport sexuel comme surchargé et parfois réalise une première éjaculation rapide afin de recommencer plus détendu lors d'un second rapport quelques dizaines de minutes après la période réfractaire. D'ailleurs, notons un fait intéressant : plus la durée des rapports s'accroît, plus les besoins éjaculatoires ont tendance à chuter. Ceci démontre bien que l'apprentissage est un facteur équilibrant pour le couple où Madame a des envies souvent moins fréquentes que Monsieur.
Il représente 70% des patients et certainement des éjaculateurs prématurés en général.
Ce type d'éjaculation rapide a une essence normale chez l'homme ; elle est systématiquement primaire, c'est à dire installée depuis toujours. Ce phénomène appartient à l'héritage de l'espèce humaine. L'éjaculation apparaît à la phase pubertaire avec l'activation des hormones androgéniques. Le réflexe éjaculatoire n'est pas un phénomène lié à la culture. Les jeunes mâles vont tenter de répéter l'éjaculation de manière à l'obtenir le plus rapidement possible. La masturbation est manuelle, réalisée avec des rythmes rapides, dans 70 à 80% des cas. C'est le "mode mécanique" Un faible pourcentage va se donner des décharges orgastiques sur un "mode archaïque"" : frottement et serrage sur un coussin , matelas par exemple. Il existe quelques rares cas où ces processus ne se sont pas produits. Autre fait important faisant l'objet d'une croyance très répandue comme le précisent Abraham et Porto : "Contrairement à ce que l'on croit souvent, ce n'est pas parce que le sujet est trop ou plus sensible aux sensations sexuelles qu'il éjacule trop vite mais parce qu'il ne sent pas assez venir l'éjaculation et qu'ainsi, elle le surprend totalement. "

C'est un fait avéré. Ajoutons que l'absence de prise de conscience des tensions musculaires excessives au niveau génital, périnéal, des fessiers, abdominal et des cuisses, provoquent une augmentation dans la pression sanguine alimentant le pénis. Notre homme a centré ses sensations au niveau génital. Il est "hypergénitalisé" quant à ses sensations : quand il fait l'amour, c'est un peu comme s'il ne percevait que sa zone génitale.
Cet homme vit en couple ou peut-être célibataire en quête d'une compagne (hétérosexualité) ou d'un compagnon (homosexualité); il peut parfois vivre dans l'isolement parce que la relation sexuelle est anticipée comme humiliante, en regard de sa prématurité.. Même s'il existe des fantasmes, il présente dans son imaginaire une mentalisation moyenne ou faible car il est trop accès sur la sensation génitale.

Nos comportements sexuels sont en partie inscrits dans notre génétique Au fil du temps et après des expériences ratées s'installent des mentalisations négatives avec le sentiment de ne pas être à la hauteur. Il essaiera pendant les rapports de penser à des choses désagréables (distorsion cognitive) ou de se mordre l'intérieur de la joue et quand l'éjaculation survient, sans maîtrise, il l'associe à une émotion négative.
Tout ceci lui fera vivre le rapport sexuel inconfortablement et, au bout d'un certain temps, il ne l'apparentera plus au plaisir.
Nous pouvons rencontrer chez cet homme un hyper-investissement dans les autres secteurs de sa vie (travail, loisirs, sport...). Il peut s'installer un évitement de l'acte sexuel, vécu comme frustrant et pouvant donner lieu à beaucoup d'agressivité par ailleurs. L'ÉJACULATION PRÉMATURÉE SPÉCIFIQUE :

Elle se définit comme "PRIMAIRE" si elle existe depuis toujours, ou "SECONDAIRE" si elle survient à un moment particulier de la vie.
Notre homme est toujours éjaculateur rapide. Il a envie que les choses s'arrangent. Mais il présente une ou plusieurs lacunes, troubles et insuffisances handicapants qu'il conviendra de traiter en même temps ou avant l'apprentissage comportemental de l’éjaculation. ➢Spécifique "structurel" :
Dans la structure même de sa personnalité, il va présenter des schémas comportementaux particuliers. Il ne supportera pas l'attente, dans quelque domaine que ce soit, car elle est vécue comme trop crispante. Il va manger très vite, prendra rendez-vous très rapidement. Quand il travaille ou qu'il agit, il voudra finir avant d'avoir commencé.
Il y a lieu de corriger, hors domaine sexuel, ces comportements en même temps que s'installe la thérapie sexuelle. Il est nécessaire de repérer et de prendre conscience de ces schémas, puis de les rééduquer en apprenant de nouveaux comportements adaptés. La peur des femmes, la peur de l'intimité peuvent être structurelles. La culpabilité d'accéder à un plaisir sexuel, fruit défendu d'une éducation rigide se rencontre aussi. Une personnalité timide avec peu de contact, un manque d'affirmation de Soi, une grande difficulté relationnelle, professionnelle et sociale, fait le nid à un éjaculateur prématuré spécifique "structurel".
➢Spécifique "conjoncturel" :

L'homme devient éjaculateur rapide du fait d'une conjoncture.
Par exemple avec une partenaire particulière, qui peut être sa propre femme, alors qu'il éjacule quand il le désire avec une autre. Il convient d'explorer plus profondément en thérapie les éléments qui définissent pour lui l'attirance sexuelle (codes d'attraction sexuelle), sa capacité d'érotiser et de rester en contact, sa capacité de prendre en compte sa partenaire (objectivation), son agressivité dans le cadre d'un conflit conjugal (face à une partenaire autoritaire par exemple). Il peut aussi s'agir d'éjaculation prématurée arrivant après des troubles chez la partenaire
Exemple : dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels) ou frigidité où l'homme comprend inconsciemment qu'il doit "débarrasser" le plancher" (ou le lit) très vite.
Idem après le traitement chez la vaginique (contraction musculaire involontaire de la zone génitale chez la femme interdisant la pénétration) dont le symptôme peut cacher longtemps celui de Monsieur (symptômes dits à bascule).
Il peut arriver que l'éjaculation prématurée conjoncturelle provienne de méthodes de contraception contrôlées : coït interrompu, méthodes des températures, avec la peur d'une grossesse.

Ces méthodes amènent l'homme à se crisper sur l'objectif, à s'angoisser à l'idée d'éjaculer.
Nous retrouverons aussi la culpabilisation du mari pour la femme à la suite de fautes, d'erreurs, de difficultés passagères. Quelquefois la détérioration du climat familial, la modification d'un rapport de force ou le remodelage de traits de caractère chez l'un des partenaires engendre ce type d'éjaculation prématurée.
Nous trouverons aussi une séparation longue entraînant des remaniements dans le comportement de chacun. ➢Spécifique "anxieux" :

Deux angoisses majeures dominent : l'angoisse anticipant l'échec et l'angoisse de performance. Elles perturbent le système nerveux végétatif qui commande les muscles déterminant l'éjaculation.
•l'angoisse anticipant l'échec : elles s'installe peu à peu au fil des échecs successifs, plus ou moins fortement en fonction de la confiance en soi de chacun. Elle est accompagnée de ruminations, phrases négatives que l'on se répète dans sa tête et de monologues intérieurs dépréciatifs qui entretiennent et induisent de nouveaux échecs. Monsieur se répète alors une succession de pensées parasites : "Je n'y arriverai pas... Qu'est-ce qu'elle va penser de moi...Je suis bon à rien... Elle va partir... "...
Ces auto-hypnoses "négatives", comme le décrit Araoz, amènent l'homme dans l'entonnoir de l'échec et augmente son auto-observation.
L'attitude du spectateur, qu'il développe sur lui-même, augmente ses tensions musculaires, lui procure une respiration haute, haletante ou bloquée, et lui fait perdre toute maîtrise de son excitation. Cette angoisse peut l'amener à un évitement de l'acte sexuel. Un traitement comportemental aide fortement le retour à une maîtrise corporelle de l'angoisse. L'hypnose Ericksonienne s'avère aussi très opérante sur ce problème. •l'angoisse de performance : l'homme a peur de ne pas atteindre un idéal sexuel véhiculé par des croyances en rapport à des informations plus ou moins justifiées. L'idée du sexe vantée par les médias à laquelle nous mesure inconsciemment à des modèles élevés. La peur générée s'articule autour de l'idée de la durée ou de l'intensité du plaisir. Elle peut aussi être d'ordre anatomique, au sujet de son image du corps ou de la longueur de son pénis. Il présente parfois un sentiment exacerbé de devoir se contrôler par rapport à une femme en quête de forte revendication au plaisir. Nous trouvons aussi le cas de l'homme expérimenté qui se sent dans l'obligation de prouver ses capacités, ou au contraire inexpérimenté devant la femme, remettant en cause ses médiocres connaissances avec une question sourde qui plane : "Montre-moi ce que tu sais faire...".... ➢Spécifique "biologique" :

1. associée à un trouble de l'érection :
Chez l'homme jeune, un trouble de l’érection se greffe soit sur une angoisse intense, soit sur un phénomène organique. Ces phénomènes déclenchent le système nerveux orthosympathique et accélère la vitesse d'éjaculation.

Les tensions musculaires et le parasitage de l'esprit empêchent un repérage correct de l’excitation et brouille la maîtrise de l'excitation. Dans l'angoisse, le Système Nerveux Végétatif (involontaire) Orthosympathique active la contraction des muscles lisses donc la perte d'érection et le réflexe éjaculatoire.
Chez l'homme âgé, ce phénomène est encore plus visible et s'appuie sur plus de causes biologiques réelles que chez l'homme jeune.
Quoi qu'il en soit, l'élément anxieux est toujours présent. Dans ce cas, il y a nécessité de traiter d'abord la question de l'érection :
•Une exploration complète par un médecin ou un sexologue compétent est vivement conseillée, sur le plan biologique (bilan hormonal, vasculaire, médicamenteux, chirurgical, diabétique et alcoolique).

•Sur le plan psychologique, une prise en charge Cognitive et Comportementales ou d'Hypnose Ericksonienne donnent d'excellents résultats : il s'agit d'instaurer une meilleure gestion corporelle de l'angoisse et d'une reprise progressive des rapports de couple par les "Sensate Focus". Les techniques d'Hypnose Ericksonienne, là encore, donnent de très bons résultats. 2. associée à des troubles médicaux : les troubles médicaux à l'origine de l'éjaculation rapide sont extrêmement rares:
hyperaesthésie du gland, raccourcissement du frein, pathologie de la moelle épinière, prostatites, inflammation de l'urètre postérieur, tumeur de la moelle épinière, sclérose multiple Tabes Dorsalis, ainsi que certaines interventions chirurgicales atteignant l'intégrité des nerfs et de centres nerveux contrôlant l'éjaculation. Parlons médicaments :
Bien qu'on puisse dire qu'aucun médicament ne cause l'éjaculation prématurée, nous pouvons faire un rapide point : •Au niveau central, les cathécholamines (dopamine notamment) accélèrent l'éjaculation alors que la sérotonine l'inhibe. •Ainsi, les neuroleptiques et les IMAO peuvent intervenir comme ralentisseur par effet anti- dopaminergique. •Au niveau périphérique, les alphas bloquants possèdent une action sur la phase sécrétoire de l'éjaculation. une molécule, la paroxitine, montre un effet retardant.
Des recherches sont menées actuellement sur ce thème.